Comment créer une entreprise de transfert de fonds à Kinshasa

Mon premier boulot, lorsque j’ai fini mes études a été de travailler comme opérateur dans une agence de messagerie financière. Pour ceux qui ne connaissent pas la messagerie financière c’est tout simplement une agence comme Western Union, spécialisée dans le transfert de fonds. Cette agence a tenu le temps qu’elle a tenu puis elle a cessé ses opérations et a fermé.

J’aimerais en profiter pour vous dire, si vous avez l’intention de créer une petite entreprise, que vous n’êtes pas nécessairement sensé créer quelque chose qui doit vous survivre. Vous aurez peut-être à créer plusieurs entreprises durant votre vie qui fermeront à un moment donné. Ne considérez pas cela comme un échec en soi, puisque pendant qu’elles ont fonctionné, elles vous auront apporté plus que de l’argent. Elles vous auront sûrement permis d’apprendre beaucoup de choses dans le domaine où vous avez exercé, et ces choses vous pourrez les exploiter pendant votre existence. Elles vous auront créé des relations, elles aussi, exploitables plus tard, et qui sait, elles vous auront apporté une certaine notoriété qui pourra vous être utile dans vos prochaines aventures. Je connais au moins deux entreprises que le créateur de cette messagerie financière a créées avant elle. La première était dans l’exploitation du café, puis la deuxième était une biscuiterie. Au jour où j’écris ces lignes, ces trois entreprises n’existent plus. Mais cela ne dois pas être pour vous une raison suffisante pour éviter de créer votre entreprise. Moi-même j’ai tenté d’abord la vente de pâtisseries, prometteuse mais vite abandonné parce que j’étais physiquement épuisé et mes études prenaient le plus clair de mon temps, une cabine téléphonique puis un débit de boisson qui ont tous les deux fermé avec pertes et fracas. Cessez de penser que si vous créez une entreprise, elle doit marcher dès le premier coup ou bien exister éternellement. Sachez que comme tout ce que nous faisons sur cette terre, votre entreprise cessera d’exister de toute façon. Soit vous l’abandonnerez pour une raison ou une autre, soit vous la transformerez en autre chose, soit elle sera avalée par une plus grande. C’est pourquoi, vous devriez éviter de plonger toutes vos économies dans une nouvelle structure, à moins que vous n’ayez la certitude froide qu’elle va marcher. Lorsque vous commencez, dépensez juste le strict minimum qui permet à votre entreprise de fonctionner le reste devrait être acquis avec l’argent né de votre exploitation. Pour ce site, j’ai dû acheter un ordinateur, et c’est tout pour le moment. Si je dois plus tard y ajouter autre chose, ce sera avec l’argent généré à partir de là. Ainsi, si j’échoue je n’aurai pas à pleurer parce que je n’ai plus rien pour vivre, ou parce que j’ai coulé 10 000$ dont cette expérience, et, j’aurai appris des choses que je ne savais pas.

Revenons-en à mon histoire.
Quelques temps après que la messagerie financière ait fermé, certains de ses anciens employés ont décidé de se lancer pour leur propre compte dans une entreprise semblable. C’est en ayant une conversation fort intéressante avec l’un d’entre eux que j’ai eu les informations que je partage ici. Mon but n’est pas de vous révéler tous leurs secrets, mais au moins de vous dire comment, avec pas grand-chose en poche, on peut créer une entreprise qui peut rapporter à la longue.

Après avoir fait des réunions, ils ont décidé de rassembler de l’argent pour démarrer. Avec 2600$ ils ont ouvert deux agences à Kinshasa, et une à Kikwit et ont tout de suite commencé à travailler. Cette somme représente moins de 5% du capital qu’ils veulent rassembler pour leur nouvelle entreprise, mais ils ont commencé quand même. Le bouche à oreille qu’ils ont laissé circuler a été basé sur la notoriété de leur ancienne entreprise, et comme leurs anciens clients en avaient gardé de bons souvenirs, ils ont commencé à venir un par un effectuer des opérations de transfert d’argent. Pour un début mes amis ont commencé à travailler sans salaire, ne se permettant que de prendre l’argent pour leur déplacement vers leur lieu de travail. Si vous n’êtes motivé que par le gain de l’argent, cette situation suffira à vous arrêter. Avec ce qu’ils ont récolté comme fonds, en associant d’autres personnes qui ont apporté d’autres petites sommes d’argent, ils en sont déjà à 10 agences (ajouter des agences à Bumba, Kananga, Ilebo, Mbandaka, Basankusu, Lisala, Bukavu aux trois premières) et ont commencé à toucher 50% de leurs salaires et tout cela, moins d’une année après avoir commencé ! En plus sans aucune publicité, si ce n’est le bouche à oreille et la réputation de leur ancienne boite. Ils comptent recruter des employés très bientôt et commencer à gagner normalement leurs salaires.

Je ne sais pas où ils en sont dans la réunion de leur capitale, mais une messagerie financière qui a déjà une dizaine d’agences dans le pays après moins d’une année d’existence est à prendre au sérieux.
La conversation a été très intéressante pour moi parce qu’elle m’a donné la preuve que les idées que je partage dans ce site sont vérifiables !
D’abord une idée leur a suffit, et la stratégie de départ a tout bonnement été de commencer à travailler avec le minimum d’argent qu’ils avaient. Cette idée s’est basée sur leur expérience c’est-à-dire le talent développé pendant leur ancien job, talent qui a été remarqué par leurs anciens clients, et je peux vous assurer qu’ils étaient très dévoués, puisque j’ai moi-même fait parti des employés de cette boite. Et sans frais supplémentaires inutiles, avec un équipement internet standard et quelques téléphones portables (d’ailleurs la compagnie de télécommunication avec laquelle ils travaillent leur a offert les téléphones à crédit et leur a créé un réseau interne qui leur permet de communiquer à moindre coût), ils sont en train de faire leur chemin. Les choses dont ils ont besoin à la longue sont acquis avec le revenu généré par l’entreprise et l’apport graduel du reste du capital. Il y a aussi les sacrifices du début, obligés de travailler plusieurs mois sans salaires, avec juste la satisfaction de voir leur bébé grandir au jour le jour et le sentiment de participer à une aventure, si pas passionnante, mais au moins excitante dans leur vie de tous les jours. Toutes ces choses sont très importantes, mais la chose la plus importante, à mon avis, sans laquelle tous ces petits exploits n’auraient pas été accomplis et les perspectives d’avenir ne seraient que chimères, c’est la création d’une valeur. Quelque chose dont les gens ici ont vraiment besoin. Tout le monde n’est pas capable d’avoir le minimum requis pour ouvrir un compte en banque dans mon pays, ou de payer la commission que les grandes institutions financières réclament. Alors une entreprise qui leur permet d’envoyer ou de recevoir de l’argent de leurs proches, même de petites sommes ou de déplacer en toute sécurité leurs petits bénéfices, je vous assure que ça aide.
C’est, à quelques variantes près, la recette du succès dans la création d’une entreprise. Appliquez-la et vous finirez bien par faire prendre la mayonnaise.
J’ai appris beaucoup d’autres choses que je me réserve de divulguer ici, surtout dans leur stratégie de travail. Je préfère qu’ils l’expérimentent eux-mêmes pour en vérifier l’efficacité. En ce moment là, elle sera de notoriété publique. J’ai aussi clairement entendu mon interlocuteur me dire qu’il préférait de loin se lancer dans une telle aventure, plutôt que d’être employé dans une grande entreprise de la place, quel que soit le salaire proposé.
Je ne peux terminer cet article sans d’abord me montrer reconnaissant envers Mr vignon Tshimbalanga qui m’a accordé cet entretien et envers tous les membres de sa nouvelle boite qui sont en train pour nous de vivre une aventure palpitante qui nous inspire et qui apportent quelques solutions aux problèmes de tous les jours de notre population.
Ensuite je fais un peu de pub. J’ai envie de leur apporter mon soutien d’une manière ou d’une autre, alors voici ma contribution.
L’entreprise s’appelle UNIVERSAL FINANCE, et le siège est au Local 57, Immeuble Masamba (vers Kin-Mazière), et leur numéro de téléphone est le 081 820 42 06.
Et si vous les contactez à partir de ce site, veuillez le leur dire, ça leur faira énormément plaisir.

Comment créer son propre salon de beauté à Kinshasa

J’ai décidé de partager comme première idée celle de la création d’un salon de beauté pour dames, parce que ma femme en tient un. Recueillir les infos auprès d’elle a donc été très facile. Il se peut que les idées que j’ai recueillies ne soient pas très complètes, mais si elles peuvent aider quelqu’un à franchir le pasLe salon de beauté de Kin entre la conception et la mise en pratique, cet article aura rempli sa mission.
Mon site ne parle pas et ne parlera jamais (en tout cas dans l’état actuel de mes connaissances) d’un business qui vous permettrait de vous enrichir du jour au lendemain, mais de quelque chose qui, lorsqu’il sera bien maîtrisé peut, avec de la patience et du travail, vous amener au moins à l’indépendance financière. La création d’un salon de beauté ne dérogera pas à cette règle. Elle demande certaines aptitudes et une certaine dose de patience. Voici en substance, ce qui ressort de cet entretien.

Avoir l’envie et un talent naturel.
La première chose que vous devriez avoir c’est, comme pour tous les business dont nous parlerons dans ce site, l’envie de créer votre salon de beauté. Si vous voulez en créer un juste pour gagner de l’argent, vous risquez de ne pas en faire un très bon. Mais si rendre les femmes belles est quelque chose qui vous amuse, quelque chose que vous aimez faire, ceci peut vous être utile. Vous devriez avoir quelques talents naturels pour commencer. Si vous savez déjà tresser ou tisser les cheveux, cela fait déjà parti des compétences dont vous pourrez avoir besoin. Il vous faudra en ce moment trouver une école d’esthétique pour approfondir vos connaissances dans le domaine. De nombreuses émissions de télé exploitent ce thème, cela peut vous aider à acquérir d’autres notions que vous pourriez manquer à l’école ou dans vos talents innés. Les personnes qui sont déjà dans le domaine devraient faire partie de votre entourage.

L’apprentissage
Après cela, vous serez amené à travailler comme apprenti (stagiaire comme on le dit ici à Kinshasa) dans un salon qui a déjà pignon sur rue. Il se peut que vous travailliez pendant un bon moment (peut-être six mois) sans être payé. Le proprio peut ne vous donner que de quoi vous déplacer chaque jour vers le salon de coiffure. Cela ne vous arrêtera pas. Considérez que vous êtes toujours à l’école, et à l’école, c’est vous qui payez pour apprendre. A ce niveau, je peux perdre la partie de mes lecteurs qui voulaient créer un salon de beauté sur un coup de tête. Tant pis. Si vous êtes encore en train de lire, alors c’est que vous avez vraiment envie et que, comme tout bon entrepreneur, les difficultés ne vous arrêtent pas. Alors, continuons.
Après votre période d’apprentissage, vous pourrez devenir employé. Ça peut être dans le même salon, si ils ont les moyens de vous employer (et si vous n’avez pas foutu la pagaille pendant que vous y étiez apprenti) ou dans un autre. A ce moment-là, vous pourrez gagner un peu d’argent de poche 20, 30, 50 dollars par mois, c’est tout ce que vous pourrez gagner en tant qu’employé d’un salon de beauté à Kinshasa. Ce n’est pas grand-chose, mais vous serez mieux que dans votre peau d’apprenti. Vous pourrez alors constituer une petite clientèle qui pourra vous suivre dans votre propre salon, et vous profiterez de cet argent pour acheter le matériel dont vous aurez besoin plus tard. Avec 100 dollars, vous pourrez démarrer un salon de coiffure. Cela vous permettra d’avoir des peignes, bigoudis, petits produits de beauté. Songez aussi à avoir les moyens de louer un emplacement, et de l’aménager. Prenez donc le temps, pendant que vous en êtes à votre statut d’employé de mettre de l’argent de coté pour toutes ces choses.
Si vous vous limitez à la coiffure, il se peut que votre expérience suffise pour créer un salon. Mais si vous voulez un salon de beauté complet, un diplôme pourrait vous être très utile. Même si vous avez un talent inné, et que vous avez côtoyé des pros, l’école d’esthétique permettra que vos clientes osent vous donner leur corps pour que vous exerciez votre art dessus.

Les débuts
Lorsque vous aurez le minimum de matos (un miroir, un casque, un chariot, des peignes et bigoudis, un lave-tête et quelques chaises) avec un peu d’argent pour louer une maison et pour l’aménager et la décorer en salon de beauté, lancez-vous ! Vous êtes déjà plus avancé que la plus part des gens dans ce domaine. Notez qu’entre votre idée de départ, l’école d’esthétique, l’apprentissage et l’emploi et l’épargne qui vous permet d’être prêt, une année et demi au moins est passée, alors autant mieux vous mettre tout de suite à la première étape. En plus, votre salon lancé, il faudra y ajouter pratiquement trois mois, si vous ne faites pas de pub à la télé, pour que votre clientèle vous remarque. C’est pour cela qu’il est intéressant d’avoir déjà attiré des clients pendant que vous travaillez chez quelqu’un d’autre. La décoration extérieure peut jouer beaucoup pour attirer celle-ci. Tant mieux, parce que cela vous permettra de connaitre la valeur d’un client. Vous serez moins enclin à les négliger ou à leur donner des réponses lapidaires ! Une fois que les clients commencent à venir, la fortune n’est plus très loin, mais vous ne la tenez pas encore. Vous serez amené à travailler à des prix plus bas que ce que d’autres salons plus expérimentés peuvent exiger de leurs clients. Vous offrirez même des soins supplémentaires en bonus par rapport à ce que le client aura initialement demandé et vous serez la personne la plus gentille et la plus prévenante que vos clients aient jamais rencontré. Cela vous aidera à attirer plus de monde. Ce qui m’amène à dire que pendant presque deux ans, vous ferez ce boulot pratiquement pour le plaisir, alors soit vous commencez pendant que vous êtes encore chez vos parents et qu’ils peuvent vous nourrir, soit vous avez une autre source de revenu pour compenser. Alors, vous avez intérêt à aimer ce que vous faites ! Soyez donc patient et humble pour y arriver.

Diversifiez les sources de revenu
N’oubliez pas d’inclure des produits de beauté à vendre, ainsi que toute chose qui peut contribuer à rendre une femme belle (dans les limites de la légalité et des bonnes mœurs). Si elles ne viennent pas toutes pour se faire belle chez vous, au moins elles pourront y acheter des trucs pour aller se faire belles ailleurs. Ce n’est pas une mauvaise idée de vendre aussi des petits en-cas (ça donne faim que de se faire belle), et des boissons rafraichissantes. Tout ce qui peut ajouter un plus de revenu à votre salon est le bienvenu, à condition qu’il y reste suffisamment d’espace pour circuler, que l’on sache, vu de l’extérieur qu’il s’agit toujours d’un salon de beauté et que les clients ne se sentent pas étouffés dedans. A Kinshasa, la plus grosse facture qu’une cliente vous paiera ce sera quand vous l’habillerez pour son mariage, alors il serait souhaitable que vous soyez très bon dans ce domaine, ainsi que dans la décoration de véhicules de mariés.

Les formalités administratives
Une bonne chose aussi à savoir, c’est que vous aurez des dépenses supplémentaires dans le cadre administratif. Autorisation d’ouverture, permis d’exploitation, patente etc. sont des choses que vous devriez avoir si vous ne voulez pas avoir les agents du fisc et d’autres percepteurs sur le dos. Allez-vous renseigner directement chez l’autorité compétente qui vous dira ce qu’il faut que vous réunissiez comme documents.

Vitesse de croisière
Il serait bon de mettre aussi votre salon dans une route animée. N’allez pas le cacher dans un trou à rats qui voit passer très peu de femmes. Si vous avez un vrai talent, soulagez les femmes et mettez vous là où elles peuvent vous voir.

En fin de compte, si vous avez franchi tout ça, votre salon pourra commencer à vous rapporter un petit pactole et si vous êtes bien organisé, vous y gagnerez un niveau de vie acceptable. Prenez soin de ne pas vous arrêter d’apprendre de nouveaux trucs sur la beauté des femmes, de côtoyer vos collègues pour partager de nouvelles idées, de vous informer sur les derniers trucs à la mode, ainsi que des notions de marketing pour attirer encore plus de clients.
Mon objectif en écrivant cet article n’est surtout pas de vous décourager, mais la vérité est que créer un salon de beauté comme n’importe quelle entreprise demande du travail. Vous aurez à surmonter des obstacles (vous en rencontrerez d’autres qu’il m’est impossible d’énumérer ici, on ne peut pas tout prévoir) qui pourront parfois mettre votre motivation à rude épreuve. Mais mon souci est que vous le sachiez déjà maintenant pour que lorsqu’ils arriveront vous soyez prêt à les affronter.

Donc, en faisant le tour, je dirais : du talent naturel, le développement du talent, la patience et la discipline et surtout, et surtout, l’amour, voir la passion pour rendre l’autre beau et bien dans sa peau, et enfin, de la pratique, de la pratique et encore de la pratique. Sans cela, vous aurez arrêté avant même de commencer. Mis à part l’argent, votre récompense (qui, contrairement à l’argent sera disponible dès les premiers jours), c’est d’exécuter un travail apprécié, la satisfaction et la reconnaissance des clientes, la création de relations humaines parfois très profondes et le sentiment d’apporter sa contribution à une vie plus agréable dans votre milieu.
Alors, dès que votre salon de beauté a démarré, faites moi signe et bonne chance !